Avant toute action visible (fiche Google, site, réseaux, plaquette pour un médecin), l'enjeu n'est pas seulement « être trouvé » : c'est rester du bon côté de la ligne déontologique et juridique. HelpE accompagne uniquement des actions compatibles avec ce cadre ; cet article vous donne les repères pour décider vous-même, en complément du guide déontologie téléchargeable, de l'article développer sa patientèle de psychologue et de la page psychologue HelpE.

Publicité ou information : la frontière pour les psychologues

La psychologie n'est pas régie par un Ordre professionnel en France. Votre exercice repose sur le titre protégé par l'article 44 de la loi du 25 juillet 1985 (Master 2 + 500 h de stage, ou diplôme équivalent reconnu : DESS de psychologie, doctorat avec mémoire conforme, équivalences européennes + inscription ADELI ou RPPS selon la transition en cours à l'ARS), le Code de déontologie des psychologues de 1996 (révisé en 2012), référence professionnelle utilisée par les organisations représentatives et pouvant être invoquée en cas de litige, et le droit commun : Code de la consommation (pratiques commerciales trompeuses, articles L121-1 et suivants), secret professionnel (article 226-13 du Code pénal), particulièrement strict en psychologie, et RGPD. Les règles spécifiques peuvent évoluer ; en cas de doute sur une formulation, vérifiez auprès d'une association représentative ou d'un conseil juridique. Ce guide ne remplace pas un avis personnalisé.

Concrètement, la frontière se joue sur l'intention et la forme :

Beaucoup de psychologues oscillent entre deux extrêmes : renoncer à toute visibilité par prudence (« je suis psy, je ne fais pas de com »), ou publier des contenus proches de la vitrine commerciale sans le savoir (« guérison du burnout », « la meilleure psy de… », témoignages mis en scène). Les premiers restent invisibles ; les seconds s'exposent à des signalements à leur association représentative, des contentieux consommateurs ou, plus rarement mais plus grave, à des poursuites pour violation du secret professionnel.

Les associations représentatives (FFPP, SNP, SFP, AEPU et autres) publient des recommandations déontologiques de référence. Adhérer à une association ne remplace pas le code de déontologie, mais fournit des repères utiles en cas de doute sur une formulation et un soutien en cas de litige.

Autorisé en principe · Encadré ou à éviter

Autorisé (factuel) : titre psychologue, ADELI ou RPPS (selon la transition en cours), diplôme (Master 2 + 500 h de stage, ou équivalent reconnu), approches, public accueilli, horaires, tarif de consultation informatif, conventionnement MSP, téléconsultation, contenu de psychoéducation générale.

Encadré ou à éviter : promesses de guérison, comparaisons entre écoles thérapeutiques, cas clinique même anonymisé, avis Google sans prudence maximale, promotions tarifaires, campagnes payantes sans validation juridique.

Ce que dit le cadre déontologique psychologue

Sans Ordre imposant un code juridiquement opposable, retenez cinq principes transverses qui structurent la communication des psychologues, issus du code de déontologie 1996 et du droit commun :

En cas de doute sur une formulation précise, consultez votre association représentative, un conseil juridique, ou votre superviseur. Cet article et nos guides sont des aides à la décision, pas un avis juridique personnalisé.

Ce que vous pouvez faire (dans le cadre habituel)

La liste ci-dessous correspond aux pratiques généralement admises pour un exercice libéral conforme, sous réserve d'une rédaction factuelle et sobre.

Site internet et fiche Google

Vous pouvez avoir un site vitrine complet : présentation du cabinet, formation et diplôme (Master 2 + 500 h de stage, ou diplôme équivalent reconnu : DESS de psychologie, doctorat avec mémoire conforme, équivalences européennes), numéro ADELI ou RPPS (selon la transition en cours), approche(s) pratiquée(s), public accueilli (adultes, enfants, adolescents, couples, familles), modalités (présentiel, téléconsultation), horaires, accès. Les tarifs peuvent être affichés comme information pratique (« consultation 60 €, durée 50 min ») sans les transformer en argument commercial (« -20 % la première séance », « pack 5 séances »).

La fiche Google Business Profile complète est autorisée : catégorie Psychologue, description factuelle, photos du cabinet sans patients, lien de prise de rendez-vous (Doctolib ou équivalent). Pour le pas à pas (catégories, posts, avis), consultez l'article fiche Google My Business pour psychologue et le guide Google Business Profile HelpE.

Les profils Doctolib, Maiia et autres plateformes de prise de rendez-vous, ainsi que les annuaires professionnels (Santé.fr, FFPP, SNP), relèvent du même principe : information et accessibilité.

Réseaux sociaux et contenu éducatif

Articles de blog, posts LinkedIn ou Instagram, vidéos courtes sur la psychoéducation (gestion du stress, hygiène du sommeil, repères développementaux pour les parents, comprendre l'anxiété, parcours de soin en santé mentale) sont admissibles lorsqu'ils éduquent plutôt qu'ils ne promettent un résultat thérapeutique.

Sujets typiques autorisés : à quoi ressemble une première séance, comment savoir si on a besoin d'une psychothérapie, différence entre psychologue, psychiatre et psychothérapeute, repères développementaux pour l'enfant, comprendre une approche (TCC, EMDR, systémique…) sans dénigrer les autres, parcours Mon Soutien Psy (conditions à jour sur Ameli.fr, le dispositif ayant été refondu en juin 2024 et continuant d'évoluer).

Vigilance forte : ne jamais commenter publiquement un cas clinique, même anonymisé ; ne jamais répondre à un témoignage public de patient en confirmant la prise en charge (cela constituerait une rupture de secret) ; ne pas se positionner en concurrence d'approches confrères.

Précisez que le contenu ne remplace pas une consultation individuelle ni un avis médical. Le guide stratégie de contenu HelpE propose un calendrier éditorial aligné sur ces règles.

Avis patients, newsletters et annonces neutres

Les avis Google méritent un traitement à part en psychologie. Compte tenu de l'article 226-13 CP, la vigilance est maximale :

La newsletter à une patientèle existante est très encadrée par le secret professionnel et le RGPD. Une newsletter de psychoéducation grand public (non liée au statut de patient) est en revanche envisageable.

Vous pouvez annoncer une ouverture de cabinet, un changement d'adresse, l'ajout de la téléconsultation ou un conventionnement Mon Soutien Psy de façon factuelle (post, communiqué local, courrier aux prescripteurs).

Les ateliers de psychoéducation grand public (gestion du stress en entreprise, repères parentaux à la maternité, prévention burnout) sont en général compatibles s'ils restent éducatifs et non commercialisés comme un soin individuel.

Un post, une plaquette ou une page de site vous semble limite ? En diagnostic gratuit, nous pouvons les passer en revue ensemble.

Réserver le diagnostic gratuit

Les zones grises les plus fréquentes

Ces questions reviennent systématiquement en diagnostic HelpE :

« Puis-je communiquer sur Mon Soutien Psy ? »
Vous pouvez informer patients et prescripteurs que vous êtes conventionné MSP et que vous accueillez des patients orientés dans ce cadre, en restant factuel (« cabinet conventionné Mon Soutien Psy, prise en charge sur prescription du médecin traitant »). Vous ne pouvez pas en faire un argument commercial (« profitez de Mon Soutien Psy », mise en avant chiffrée du nombre de séances MSP comme argument commercial). MSP est un dispositif de santé publique, pas une opération promotionnelle. Les conditions précises évoluent depuis la refonte de juin 2024 : consultez Ameli.fr pour les modalités à jour.

« Puis-je mentionner mon approche (TCC, EMDR, psychanalyse…) ? »
Oui, c'est même essentiel pour permettre aux patients et aux prescripteurs de s'orienter. La règle : présenter votre approche en termes positifs et factuels, sans dénigrer les autres écoles. « Je propose une approche TCC adaptée aux troubles anxieux » est conforme ; « la TCC est plus efficace que la psychanalyse » ne l'est pas.

« Puis-je publier sur Instagram des contenus de psychoéducation ? »
Oui, pour du contenu éducatif général (comprendre le stress, repères parentaux, hygiène du sommeil, fonctionnement du parcours de soin), formulé au présent, sans cibler un patient identifiable, sans promesse thérapeutique et sans avant/après. Précisez systématiquement que le contenu ne remplace pas une consultation.

« Puis-je commenter publiquement un cas clinique, même anonymisé ? »
Non. Le secret professionnel (article 226-13 CP) est l'une des règles les plus strictes en psychologie. Même un cas fortement anonymisé peut être reconnaissable par les proches du patient. La règle pratique : si vous hésitez, ne le faites pas. Préférez les exemples génériques inventés présentés comme tels.

« Puis-je faire de la pub Google ou Meta ? »
Possible mais exposé : toute campagne payante doit respecter strictement l'interdiction de pratique commerciale trompeuse et le secret professionnel (pas d'allégation thérapeutique, pas de superlatif, pas de comparaison déloyale entre approches dans les annonces et les pages d'atterrissage). Les coûts par contact restent par ailleurs souvent élevés. À arbitrer au cas par cas, après sécurisation des leviers organiques.

« Puis-je faire de la téléconsultation et l'annoncer ? »
Oui, et c'est même encouragé sur la fiche Google et sur le site. Précisez les modalités (présentiel uniquement / mixte / 100 % téléconsultation), les plateformes utilisées (Doctolib, plateformes sécurisées dédiées), et les publics concernés (suivi, première consultation, accompagnement à distance).

« Puis-je republier un avis patient sur Instagram ? »
Déconseillé sans consentement explicite et sans risque d'identification. Même anonymisé, un témoignage peut être identifiant et constituer une rupture de secret si vous confirmez la relation thérapeutique.

Ce qui expose le plus (signalements, plaintes, contentieux)

Le réseau de prescripteurs relève d'un autre registre : relation professionnelle, pas démarchage commercial. Le guide réseau de prescripteurs détaille les bonnes pratiques.

Le test en 5 questions avant de publier

Avant chaque publication (post, page site, story, plaquette), posez-vous :

  1. Ce contenu informe-t-il ou cherche-t-il à convaincre d'acheter une séance ?
  2. Les faits (titre, formation, approche, certifications) sont-ils exacts et vérifiables ?
  3. Y a-t-il une comparaison déloyale entre approches, une promesse de résultat ou un dénigrement ?
  4. Un cas clinique est-il identifiable directement ou indirectement (par les proches du patient) ?
  5. Le ton est-il sobre (pas de slogan publicitaire, pas d'urgence artificielle « 3 places restantes ») ?

Si les questions 3 à 5 soulèvent un doute, reformulez ou supprimez avant publication. En cas de doute persistant sur la question 4, ne publiez pas.

Formulations types autorisées

Bio courte (site ou Google) : « Cabinet de psychologie à Lyon 3. Adultes, adolescents, couples. Approche intégrative à dominante TCC, formation complémentaire en EMDR. Cabinet conventionné Mon Soutien Psy (sur prescription du médecin traitant). Présentiel et téléconsultation. Psychologue clinicien, Master 2 Université Lyon 2 (ou diplôme équivalent reconnu), n° ADELI ou RPPS selon la transition en cours. »

Post éducatif : « Première séance avec un psychologue : ce qui se passe, à quoi ça sert, ce qui ne se passe pas. Un premier entretien permet de présenter votre situation, de comprendre vos attentes et de discuter d'une éventuelle suite. Aucun engagement n'est pris à l'issue de cette séance. Horaires et RDV sur notre fiche Google. »

Invitation avis (neutre, si vous choisissez l'option 2) : « Si vous le souhaitez et sans aucune obligation, vous pouvez partager votre expérience générale sur Google. Merci de ne pas mentionner d'éléments cliniques personnels. » Sans incitation, sans sélection.

Annonce téléconsultation : « Le cabinet propose désormais des consultations en visio sur Doctolib pour les patients qui le souhaitent (suivi en cours ou première consultation). »

Ce qu'il faut éviter : « Guérison du burnout garantie », « -30 % sur la première séance », « La meilleure psy à Marseille », mise en avant chiffrée du nombre de séances MSP comme argument commercial, « Cas vécu cette semaine au cabinet… ».

Par où commencer pour communiquer sereinement

  1. Lire le chapitre psychologue du guide déontologie HelpE (15 à 20 min), et au besoin la version officielle du code de déontologie 1996 disponible sur les sites des associations représentatives.
  2. Auditer ce qui existe déjà : site, Google, réseaux, plaquette. Lister ce qui dépasse le cadre.
  3. Corriger en priorité la fiche Google et le site (NAP, description, photos, mention téléconsultation et MSP si applicable) avec l'article fiche Google psychologue ou le guide GMB.
  4. Planifier un contenu éducatif par mois plutôt qu'une campagne « vitrine résultats ».
  5. Structurer le réseau de prescripteurs en parallèle : développer sa patientèle de psychologue.

Semaine 1 · audit communication en 30 minutes

  1. Ouvrir site + Google + un réseau social en navigation privée : que voit un inconnu, et que verrait une association représentative qui auditerait votre page ?
  2. Noter 3 formulations qui vous semblent limite (témoignages, claims, promesses).
  3. Les reformuler avec le test en 5 questions ci-dessus, ou les supprimer.

La communication conforme n'est pas un frein à la visibilité : c'est ce qui permet de construire une réputation durable, lisible par les patients et les prescripteurs. Sans Ordre, le cadre déontologique psychologue est moins coercitif que celui des kinés ou podologues, mais le secret professionnel pèse particulièrement lourd. Mieux vaut une communication plus sobre qu'un signalement, un litige consommateur ou une poursuite pour violation du secret.

Questions fréquentes

Un psychologue est-il plus libre qu'un kinésithérapeute pour communiquer ?
Sans Ordre imposant un code juridiquement opposable, oui sur le papier. Mais en pratique, le secret professionnel est plus strict, le code de déontologie 1996 reste la référence en cas de litige, et le droit commun (Code de la consommation, pratiques commerciales trompeuses) s'applique pleinement. La frontière information / promotion reste la même que pour les autres professions.

Qui contacter en cas de doute ?
Votre association représentative (FFPP, SNP, SFP, AEPU selon votre orientation), votre superviseur, un avocat spécialisé ou le conseil juridique de votre assurance responsabilité civile professionnelle.

Les avis Google sont-ils autorisés ?
Juridiquement oui, déontologiquement très sensibles compte tenu du secret professionnel. L'option « ne pas solliciter » est défendable et choisie par beaucoup de psychologues installés. Si vous choisissez la sollicitation, faites-le de façon strictement neutre.

Puis-je mentionner mes tarifs sur les réseaux ?
Oui, en information factuelle (« 60 € la séance de 50 minutes »). Non, comme argument promotionnel ou en combinaison avec une offre commerciale.

Puis-je lancer des campagnes Google Ads ou Meta ?
En théorie, seulement si chaque annonce et page d'atterrissage respecte le cadre déontologique (pas de promesse thérapeutique, pas de superlatif, pas de comparaison déloyale, pas de contenu identifiant). En pratique, le coût par contact est souvent élevé pour un cabinet local ; la priorité reste en général les leviers organiques. À arbitrer au cas par cas, idéalement après validation juridique.

Rappel : cet article ne remplace pas un avis juridique. En cas de projet sensible (publicité payante, partenariat média, campagne d'avis à grande échelle, communication d'entreprise pour la prévention du burnout), faites valider vos supports par un conseil adapté et, si besoin, par votre association représentative.